Recensement citoyen obligatoire

Fiche pratique

Bracelet électronique lors d'une assignation à résidence

Vérifié le 21/02/2025 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

L'assignation à résidence avec surveillance électronique (ARSE), souvent appelée "bracelet électronique", est une solution alternative à la détention provisoire. Le tribunal peut contraindre la personne à demeurer dans un lieu précis, avec un bracelet comportant un émetteur relié à une alarme. Elle ne peut quitter ce lieu qu'aux conditions et motifs fixés par le juge. Nous vous présentons les informations à connaßtre.

L'assignation à résidence avec surveillance électronique (ARSE) est une mesure privative de liberté. Elle est assimilée à de la détention provisoire.

La personne assignée à résidence doit porter un bracelet électronique relié à une unité de surveillance. Cette mesure l'oblige à rester à son domicile ou dans un autre lieu fixé par le juge. Les absences autorisées (jours, horaires et motifs) sont strictement déterminées par le juge.

Dans une information judiciaire, elle peut ĂȘtre dĂ©cidĂ©e d'office par le juge ou ĂȘtre demandĂ©e par la personne mise en examen.

Le procureur de la République peut également demander le placement sous assignation à résidence avec surveillance électronique, à l'encontre du prévenu en attente de son jugement.

La personne peut ĂȘtre placĂ©e sous ARSE si le juge considĂšre que les obligations du contrĂŽle judiciaire sont insuffisantes pour assurer le bon dĂ©roulement de l'instruction. La mesure permet de prĂ©server l'ordre public (menace., intimidation de la victime...) et garantir la prĂ©sence en justice du mis en examen.

Elle est ordonnée d'office par le juge d'instruction ou par le JLD sans avoir à recueillir l'accord de la personne mise en examen.

Elle peut Ă©galement ĂȘtre prononcĂ©e Ă  la demande du mis en examen et de son avocat. En cas de dĂ©tention provisoire, le dĂ©tenu ou son avocat peut faire une demande de mise en libertĂ© avec placement sous ARSE par le juge comme alternative Ă  sa dĂ©tention.

Pour que le placement sous ARSE soit ordonnĂ©, l'ensemble des conditions suivantes doivent ĂȘtre rĂ©unies :

  • Personne devant ĂȘtre mise en examen
  • NĂ©cessitĂ©s de l'instruction le justifiant
  • Majeur encourant une peine de prison d'au moins 2 ans ou mineur Ă  partir de 16 ans encourant une peine de prison d'au moins 3 ans
  • Service pĂ©nitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) ayant vĂ©rifiĂ© la faisabilitĂ© technique (couverture du rĂ©seau tĂ©lĂ©phonique, Ă©lectricitĂ©...).

L'ARSE peut ĂȘtre complĂ©tĂ©e par les obligations et interdictions prĂ©vues en cas de contrĂŽle judiciaire (interdiction de se rendre dans certains lieux, de rencontrer certaines personnes, suivre des soins...).

  À savoir

En cas de violences conjugales, l'auteur des faits peut faire l'objet d'une assignation à résidence sous surveillance électronique. Le juge peut décider de la mise en place d'un bracelet anti-rapprochement avant toute condamnation.

Avant le procÚs devant le tribunal correctionnel, le procureur de la République peut demander le placement du prévenu sous ARSE. Il saisit le JLD, qui peut décider de ce placement.

L'ARSE peut ĂȘtre prononcĂ©e dans les procĂ©dures suivantes :

 Ă€ noter

Le procureur de la République peut saisir le juge des enfants (juge spécialisé) d'une demande de placement sous ARSE pour un mineur de 16 ans au moins jusqu'à l'audience de jugement.

L'ARSE peut ĂȘtre complĂ©tĂ©e par les obligations et interdictions prĂ©vues en cas de contrĂŽle judiciaire (interdiction de se rendre dans certains lieux, de rencontrer certaines personnes, suivre des soins...).

  À savoir

En cas de violences conjugales, l'auteur des faits peut faire l'objet d'une assignation à résidence sous surveillance électronique. Le juge peut décider de la mise en place d'un bracelet anti-rapprochement avant toute condamnation.

Pour un mineur, l'ARSE peut ĂȘtre rĂ©alisĂ©e dans un Ă©tablissement de placement Ă©ducatif ou au domicile des reprĂ©sentants lĂ©gaux du mineur avec leur accord Ă©crit.

La personne sous bracelet électronique ne peut s'absenter de sa résidence qu'aux conditions et motifs fixés par le juge. Si elle sort de chez elle en dehors des heures fixées ou si elle se rend dans un lieu interdit par le juge, le centre de surveillance est aussitÎt averti par une alarme à distance.

À chaque signal d'alarme dĂ©clenchĂ© par le bracelet (retrait, dĂ©gradation, retard...), un compte rendu d'incident est rĂ©digĂ© par un agent du centre de surveillance. Il est transmis au juge, au procureur de la RĂ©publique et au SPIP.

La personne qui ne respecte pas les obligations du placement sous bracelet Ă©lectronique peut faire l'objet d'un mandat d'arrĂȘt ou d'un mandat d'amener, dĂ©cidĂ© par le juge d'instruction ou le procureur de la RĂ©publique.

La personne peut ĂȘtre placĂ©e en dĂ©tention provisoire sur dĂ©cision du JLD.

 Attention :

Il est interdit d'enlever, casser ou détériorer le bracelet électronique et le boßtier du domicile sous peine de poursuites pénales.

La pose du bracelet doit se faire dans un dĂ©lai de 5 jours Ă  compter de l'ordonnance de placement sous ARSE, Ă  condition que la mise en Ɠuvre du dispositif technique soit possible.

Si les vĂ©rifications techniques n'ont pas pu ĂȘtre faites ou ne sont pas terminĂ©es, le JLD saisit le SPIP pour Ă©tablir un rapport afin de s'assurer que le dispositif peut ĂȘtre mis en place.

Elle se fait avec le consentement de la personne. Cet accord doit ĂȘtre donnĂ© en prĂ©sence d'un avocat. Si la personne refuse cette installation, le juge peut dĂ©cider de rĂ©voquer l'ARSE et placer la personne en dĂ©tention provisoire.

Le personnel de l'administration pénitentiaire pose et enlÚve le bracelet porté généralement à la cheville.

La personne peut demander au juge, à tout moment, qu'un médecin vérifie que le bracelet ne présente pas d'inconvénient pour sa santé.

Le contrÎle et le suivi de la mesure de l'ARSE sont effectués par le service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP).

Le contrĂŽle du respect des obligations peut se faire par les moyens suivants :

  • VĂ©rification tĂ©lĂ©phonique
  • Visite au lieu de rĂ©sidence
  • Convocation Ă  la prison
  • Convocation au SPIP.

La durée du placement sous ARSE est différente selon qu'elle est ordonnée par le juge d'instruction ou à l'encontre du prévenu en attente de son jugement :

  • L'ARSE est ordonnĂ©e pour une durĂ©e de 6 mois.

    Elle est renouvelable Ă  3 reprises pour la mĂȘme pĂ©riode.

    Le cumul du renouvellement ne peut pas dépasser 2 ans.

  • Pour un majeur, en cas de renvoi devant le tribunal correctionnel ou la cour d'assises, la durĂ©e totale du placement sous ARSE ne peut pas excĂ©der 2 ans, dĂ©duction faite de la pĂ©riode dĂ©jĂ  exĂ©cutĂ©e au cours de l'instruction.

    Le placement sous ARSE peut ĂȘtre ordonnĂ©e jusqu'Ă  l'audience de jugement pour un mineur.

Les rÚgles différent selon que l'ARSE a été ordonnée à l'encontre d'une personne mise en examen ou d'un prévenu en attente de son jugement :

  • Le juge d'instruction peut, Ă  tout moment, modifier ou mettre fin Ă  la mesure.

    • Le juge d'instruction peut modifier, imposer ou supprimer une ou plusieurs obligations :

      • Modifier une obligation (par exemple, horaires de prĂ©sence au domicile...)
      • Lever temporairement une obligation (hospitalisation, dĂ©cĂšs d'un proche...)
      • Ajouter ou supprimer une obligation (interdiction ou levĂ©e d'interdiction de se rendre dans un lieu...).

      Cette décision est prise sur réquisitions du procureur de la République ou sur demande de la personne mise en examen.

      La dĂ©cision du juge peut faire l'objet d'un appel dans les 10 jours Ă  compter de la notification. L'appel doit ĂȘtre fait par dĂ©claration au greffe du tribunal qui a rendu la dĂ©cision.

      OĂč s’adresser ?

      Il rend sa décision dans un délai de 5 jours par ordonnance motivée. Cette décision peut faire l'objet d'un appel dans les 10 joursà compter de la notification.

      Si le juge n'a pas rendu sa décision dans le délai de 5 jours, la personne peut saisir directement la chambre de l'instruction de la cour d'appel, qui se prononce dans les 20 jours. Sinon, la mesure de placement électronique est levée.

    • Le juge d'instruction peut, Ă  tout moment, mettre fin Ă  la mesure ou la remplacer par un contrĂŽle judiciaire.

      Il peut le faire :

      • Soit d'office
      • Soit sur les rĂ©quisitions du procureur de la RĂ©publique
      • Soit Ă  la demande du mis en examen.

      La dĂ©cision du juge peut faire l'objet d'un appel dans les 10 jours Ă  compter de la notification. L'appel doit ĂȘtre fait par dĂ©claration au greffe du tribunal qui a rendu la dĂ©cision.

      OĂč s’adresser ?

        À savoir

      À la fin d'une information judiciaire, si la personne mise en examen est renvoyĂ©e devant le tribunal correctionnel, la mesure prend fin. NĂ©anmoins, sur dĂ©cision motivĂ©e, le juge d'instruction peut maintenir le placement sous bracelet Ă©lectronique.

      Si la personne est renvoyée la cour d'assises, l'accusé reste sous ARSE jusqu'à l'audience.

  • Le juge des libertĂ©s et de la dĂ©tention peut, Ă  tout moment, sur rĂ©quisitions du procureur de la RĂ©publique ou Ă  la demande du prĂ©venu, dĂ©cider des mesures suivantes :

    • Modifier, imposer ou supprimer une ou plusieurs obligations
    • Lever temporairement une obligation.

    La décision du juge peut faire l'objet d'un appel dans un délai de 24 heures devant la chambre de l'instruction.

    OĂč s’adresser ?

Le placement sous bracelet électronique est une alternative à la détention provisoire. Elle est intégralement déduite de la durée de la peine privative de liberté prononcée.

En cas de décision de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenue définitive, la personne placée sous bracelet électronique peut demander réparation du préjudice subi, moral et matériel.

La demande doit ĂȘtre prĂ©sentĂ©e au premier prĂ©sident de la Cour d'appel dont dĂ©pend le tribunal qui a prononcĂ© la dĂ©cision.

OĂč s’adresser ?

 Attention :

La requĂȘte doit ĂȘtre envoyĂ©e dans les 6 mois qui suivent la dĂ©cision dĂ©finitive.

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